De la profondeur du précipice …

 

En Valais, lorsque le Nouvelliste fait état de l’adoption des budgets ou des comptes communaux, nous n’y voyons guère de commentaires. Il est vrai que nombre de nos communes pratiquent la recherche de l’équilibre budgétaire et la volonté d’un autofinancement important comme critère premier.

Chez nos voisins vaudois, c’est tout autre chose ; des partis comme le PLR (PRD-PL) et le PDC ont totalement perdu pied dans les villes. La politique d’endettement a supplanté la politique d’équilibre budgétaire. Lorsque l’on sait qu’un endettement même faible ne pourra que croitre s’il n’est résorbé, l’on peut fort bien imaginer la suite des événements. Des villes comme Lausanne, Morges ou Vevey affichent des budgets déficitaires bien évidemment associés à un endettement croissant.09-article-2012

La ville de Lausanne vient d’afficher son budget 2012, l’on y voit bien évidemment une prévision de déficit. Certes, les observateurs locaux vous diront qu’il est relativement faible (44 Mio) en regard du bassin de population (130'000 hab.) ; c’est tout de même un découvert de CHF 338,50 par habitant à rajouter à une dette globale de 2,5 milliards (CHF 19'200 /hab.).

Une telle situation ne serait pas de nature trop inquiétante en période de conjoncture favorable or lorsque l’on sait que le chiffre d’une sous couverture de 1,3 milliard pour la caisse de pension de la ville avait été annoncé courant 2009, j’imagine que véhicule rose-vert n’est pas très loin du mur.

En ville de Morges, ce n’est pas mieux. La municipalité de gauche prévoit une augmentation d’impôt assortie d’un déficit de 5,9 millions pour une population de près de 15'000 habitants. Les investissements vont représenter une trentaine de millions, mais seuls 5,2 seront autofinancés.

Pour le contribuable, cela se résume à une augmentation de la dette et des impôts. Les édiles de gauche ne manquent d’ailleurs pas de justifier cette situation par une dégradation de la situation économique mondiale. Elle est bien bonne celle-là ! N’aurions-nous pas là quelques adeptes du mode de gestion grec ?

À Vevey, le législatif de la ville vient de refuser une hausse de 5 points d’impôts. L’exécutif prévoyait ainsi pouvoir s’appuyer sur une rentrée fiscale supplémentaire de 4 millions devant leur permettre de ramener le déficit budgétaire de 14 à 7 millions. Eh oui, pour certains 14 moins 4 et quelques aménagements, cela fait 7 millions. Acculée, la municipalité a désormais sorti une arme de pression  : le risque de licenciement. Quoi qu’il en soit, celle-ci se trouve désormais dans le viseur de l’autorité vaudoise de surveillance des finances communales.

En finalité, si la politique financière désastreuse de nombreux pays nous aura amené au bord du précipice, la gauche nous fournira le bandeau pour ne pas voir la profondeur de celui-ci.

 

 

2012, journal Le Confédéré, Gillioz