Nous sommes en guerre, la cinquième colonne est à l’oeuvre

 

Oui, la cinquième colonne a repris du service. Vous savez, cette équipe de partisans pratiquant la guerre de l’ombre. Non pas ceux qui font usage d’armes classiques, mais bien ceux qui manipulent, influencent et déstabilisent un État voire une coalition.

Nous autres européens n’avons de notion de la guerre que sa forme initiale, celle ou deux armées s’affrontent or les temps ont changé. La guerre que se livrent les États dits développés se veut économique.

Voilà déjà 5 ans que résonne le mot crise mondiale, 5 années durant lesquelles la Suisse a bien manœuvré. Certes, nous avons eu quelques sueurs froides notamment à l’heure de la grande catastrophe des subprimes, mais les mots déflation, inflation voire hyperinflation ne nous parlent gère. Nous préférons les légers correctifs budgétaires aux grands bouleversements.

Mais que peuvent avoir comme lien cette prétendue guerre et cette cinquième colonne avec la crise financière mondiale ? En fait cette crise n’a de mondiale que son nom ; les principaux États concernés sont les États-Unis et l’Europe, le Japon étant en crise financière depuis les années 2000.

Les États-Unis vivent, depuis des décennies, largement au-dessus de leurs moyens, nous en sommes conscients. Leur dette a souvent été partiellement compensée par des acquisitions 10-article-2012astratégiques. La rigueur budgétaire n’est pas leur tasse de thé or, depuis les années 2000, la situation s’est largement aggravée. Leur hégémonie vacille et la crainte que le dollar ne soit plus une monnaie de référence n’est plus un bruit de couloir. De toutes les bulles en activités, certaines n’ont pas encore explosé alors que de nouvelles se créent. La Réserve fédérale américaine annonce son 3ème plan d’assouplissement en l’espace de 3 ans. Elle va de nouveau imprimer du billet pour acheter des obligations américaines de qualité médiocre. Le bilan de la banque centrale est en train de gonfler pour atteindre les 4000 milliards de dollars soit le quart du PIB américain.

Tout est en train de se passer comme lors de la crise précédente. La bulle des actifs financiers se regonfle. Les liquidités que les banques américaines ont obtenues ne sont guère placées dans l’économie réelle. Pour relancer l’économie, la banque centrale n’a pas trouvé mieux que de soutenir à bout de bras le marché immobilier et le marché des obligations. Une hyperinflation se crée, elle n’est pas visible dans les chiffres officiels, car le mode de calcul a changé. Nous en sommes à un taux de 3% alors qu’il serait de 10% selon l’ancien modèle d’analyse.

Cette situation explosive va amener le reste du monde à subir bientôt le crack obligataire de la dette souveraine américaine. Cette crise sera bien plus grave que celle de l’Euro. Globalement, les États-Unis sont arrivés dans une situation de détresse financière telle qu’ils ont lancé une guerre contre l’Europe parce que leur survie dépend de l’échec de l’Europe. Selon Myret Zaki, les États-Unis utilisent le 35ème des 36 stratagèmes classiques chinois datant de l’époque Ming consistant à multiplier le nombre d’intervenants de façon à cacher le véritable tireur de ficelles.

La stratégie de la fuite en avant

Depuis 2009 les États-Unis, par le biais de multiples communications médiatiques, tentent de faire croire que la crise de l’Euro s’avère la plus importante. C’est une véritable guerre économique dont l’enjeu n’est autre que la survie de leur leadership sur le marché mondial. Dans cette démarche ils sont aidés d’un autre spécialiste de la planche à billets ; l’Angleterre, pays en faillite, dont la dette est à 900% de son PIB. Ce pays dont sa Banque Nationale est la seule acheteuse de sa dette souveraine.

Des deux monnaies que sont l’Euro et le dollar, il n’en restera qu’une à conserver le leadership ; les Américains ont tout entrepris pour démolir leur adversaire, mais leur plan a rencontré quelques obstacles  inattendus.

L’ennemi de l’Euro-Land

Au sein des ennemis nous y trouvons bien évidemment les États-Unis, mais aussi l’Angleterre, les banques américaines qui ont ordre de ne plus prêter de l’argent aux banques européennes et bien évidemment ce que j’appelle la cinquième colonne, une équipe composée d’élus européens, de partis politiques essentiellement de gauche et tout un tas de manipulateurs médiatiques. Certains ne veulent que la fin de l’Euro, d’autres sont opposés à la rigueur budgétaire, élément essentiel pour une sortie de la crise.

Au milieu de cela, nous avons une France qui comme en 33 pratique l’angélisme total à l’égard d’une guerre qui n’affiche ni soldat ni arme traditionnelle.

Les Alliés

Au sein des alliés, nous n’y trouvons bientôt plus que l’Allemagne, grande défenseuse de la rigueur budgétaire, mais aussi quelques intervenants inattendus, dont la Chine, la Russie, le Japon, mais également la Suisse qui pour cette fois joue un rôle très important.

La Guerre

Courant 2009, les États-Unis s’en prennent à l’Euro, la Chine combat cette agression en rachetant massivement de l’Euro. La Russie emboite le pas tout comme le Japon et quelques autres pays. Les États-Unis sont en passe de réussir, mais la Suisse entre dans la bataille. Elle décide de soutenir la parité de l’Euro face au Franc. Elle achète de l’Euro jusqu’à près de 2 milliards par jour en 2012. Elle devient l’un des importants soutiens dans la bataille. En juillet dernier le Financial Times critiquait notre Banque Nationale, l’accusant de vouloir jouer avec les monnaies et faire de l’argent sur le dos du marché mondial.

Finalité

Si l’Euro s’écrase, la Suisse désormais sixième plus grande détentrice de réserves de change au monde, derrière la Chine, le Japon, l’Arabie Saoudite, la Russie et Taïwan, en souffrira, mais cela permettra surtout aux Américains de faire éclater leurs bulles prétextant que l’Europe en est responsable. Quoi qu’il en soit, l’issue de la bataille est à venir.

 

2012, journal Le Confédéré, Gillioz