Le chacal est promis à un bel avenir

 

Que retiendra-t-on de 2012 si ce n’est que nos médias ne manquent pas une occasion d’abandonner leur mission initiale. Sous prétexte du droit à l’information et du devoir d’informer, ils n’hésitent pas à quitter l’étroit sentier de l’objectivité pour arpenter celui de la manipulation.

Je sais, vous allez me trouver rude, mais s’il nous suffisait, par le passé, de consulter un seul média pour bénéficier d’une information correcte, il nous faut désormais en consulter plusieurs pour parvenir à déterminer le vrai du faux.

Prenons l’exemple de Bugarach : en 2010 la Mission interministérielle française de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires adressait un rapport à son premier ministre. Rapport au sein duquel il rappelait qu’entre 94 et 97, 74 personnes avaient péri en Suisse, au Canada et en France, emportées par une folie autodestructrice, convaincues d’une apocalypse imminente. Ce même rapport annonçait le millésime 2012 comme particulièrement « prometteur » pour les prophètes de mauvais augure en raison de divers éléments pouvant être récupérés (calendrier Hotzkin et éléments astrophysiques).01-article-2013

Qu’avons-nous vu ? Des médias pris à leur propre jeu puisqu’après avoir déblatéré pendant près de 12 mois, ils se retrouvèrent à se filmer entre eux. Le temps et la multiplicité des sources auront permis à la population de faire la part des choses.

Il y a peu, nous avions eu la tragédie de Newton ; un écrivain canadien du Huffingtonpost déclarait ceci : « Au beau milieu du chaos, nous sommes très dépendants des médias pour comprendre ce qui est arrivé. Malheureusement, ces médias n'arrivent plus à cacher leur véritable objectif, qui est simplement d'attirer notre attention. Dans un climat de compétition féroce, les reporters voulant rendre une histoire captivante franchissent trop souvent les limites de l'acceptable. »

Désormais, nous avons la tragédie de Daillon avec des médias prêts à répercuter n’importe quelle affirmation. Les déclarations officielles se voient reléguées au second rang puisque tout opportuniste se réclamant d’une cause en manque de visibilité tentera d’en récupérer l’évènement. Il n’aura fallu que quelques heures à certains pour mettre en cause un tuteur, une loi, une armée, des armes, etc. Je n’ai pas encore vu un média mettre en cause l’alcool, la fumette et l’oisiveté, mais cela ne saurait tarder. À en croire les affirmations des uns et des autres, le drame aurait pu être évité, il y a juste que chaque citoyen a sa solution et le consensus n’est pas sur la table.

Si ce personnage était demeuré enfermé, nous aurions peut-être eu un drame à la Skander Vogt. Si cette personne n’avait pu accéder à l’alcool, aux psychotropes ou aux armes, il aurait tout aussi bien pu faire usage d’un couteau de cuisine ou d’un pesticide. Le petit couteau suisse est proscrit sur les lignes aériennes ; devons-nous en faire autant dans d’autres lieux ?

Il y a treize mois, j’avais écrit un article sur la tragédie de St-Léonard, m’en prenant à ces médias ignorant totalement ce petit bout de femme assassinée. Il y a 2 mois, son meurtrier s’étalait dans la presse. À coup de déclarations savamment préparées, il tentait de minimiser sa responsabilité salissant ainsi la mémoire de Mlle Bonvin.

L’année du dragon touche à sa fin, en date du 10 février, nous allons entrer dans l’année du serpent or dans l’astrologie chinoise, le serpent est associé à la sagesse, la culture, la réflexion et la créativité. Gageons donc que cette nouvelle année sera meilleure que celle-ci.

 

2013, journal Le Confédéré, Gillioz