La Suisse, ce grand corps malade

 

De toute évidence, notre pays souffre de maux inquiétants. Non pas que celui-ci soit atteint, à l’égal de nos pays voisins, du cancer de la dette assortie d’une crise de l’Euro mais de maux plus sournois dont tous ne sont pas clairement identifiés.

 

La jalousie

Prenons pour exemple l’initiative dite Minder. A priori, elle semble vouloir simplement limiter les excès salariaux or en réalité, elle satisfait notre égoïsme et notre jalousie, car nos salaires n’atteindront jamais celui de la centaine de managers concernés. De plus, ne sommes-nous pas en train de limiter la liberté d’une minorité dont nous ne ferons jamais partie. Ceci dit, pourquoi devrions-nous nous mêler de la décision des actionnaires, c’est leur argent tout de même.

La convoitise 02-article-2013a

La LAT telle qu’élaborée par le parlement fédéral en est une autre de ces atteintes. Sous couvert d’un meilleur aménagement du territoire, nous autres valaisans allons être tondus comme des brebis. La loi sera d’application fédérale, mais le dédommagement demeurera cantonal. Pendant que les cantons urbains rentreront des impôts sur les gains de leurs nouvelles zones, nous autres valaisans allons passer à la caisse pour tenter de dédommager un tant soit peu nos voisins spoliés. Après la Lex Weber, voilà qu’on nous attribue une fois de plus le rôle de l’indien, mais avec une plume ailleurs que sur la tête.

Eh oui, nous sommes désormais dans une Suisse à 2 facettes. Non pas les riches et les pauvres comme aime à nous le faire entendre la gauche, mais plutôt la Suisse du plateau, la Suisse des cités contre la Suisse des montagnes, la Suisse réserve d’Indiens.

La parasitose

Pour ce qu’il en ressort des deux vitesses, c’est autre chose ; il y a les winners, que l’on retrouve aussi bien en ville qu’à la campagne. Ils ont pour particularité de voter plutôt à droite, ils n’aiment pas être dépendants de la société. Ils sont actifs, voire proactifs, sans pour autant se retrouver dans la classe dite aisée.

Par opposition, nous avons les losers, ils cumulent les petites rétributions de notre système étatique leur permettant souvent d’être mieux lotis que nombre de winners. Les losers se regroupent généralement en ville puisqu’il leur est plus facile de se fondre dans la population. Associés aux bobos des villes, une autre race de losers, ils sont en train d’idéaliser nos cantons campagnards. Tels des parasites, ils ont commencé à penser pour nous. Désormais ils voudront décider pour nous ; sans nous bien évidemment !

Pour réussir, ils devront s’attaquer à notre patrimoine et pour cela ils ont imaginé la LAT puis ce sera le tour de notre épargne avec l’initiative sur les successions. Eh oui, en finalité, nous autres fourmis des campagnes, nous allons nous retrouver dépouillées de nos réserves. Nous vivrons tout de même dans la réserve à jouer le rôle de l’indien, mais avec une plume dans le derrière.

 

2013, journal Le Confédéré, Gillioz