Bienheureux les utopistes

 

La récolte de signature relative à l’initiative pour un salaire universel a abouti. À terme, le peuple votera sur ce sujet, mais de quoi s’agit-il ?

L’idée n’est pas récente, elle a été émise sous forme embryonnaire par Thomas More en 1516. Elle fut reprise par des penseurs, dont quelques pères fondateurs des États-Unis ainsi qu’après la grande dépression des années 30. C’est finalement en 1986 qu’elle prit son envol sous l’impulsion du Belge Philippe Van Parjis.

Le revenu de base inconditionnel (RBI) ou salaire universel n’est pas autre chose qu’un salaire versé par la collectivité publique à chaque individu. Selon les initiant, il serait mensuellement versé à tout individu de la naissance au décès sans qu’il y ait exigence d’effectuer ou d’accepter un travail. L’on peut tergiverser et débattre sur les détails, car le texte de l’initiative dit ceci :07-article-2013

La Constitution est modifiée comme suit : Art. 110a (nouveau) Revenu de base inconditionnel

La Confédération veille à l’instauration d’un revenu de base inconditionnel.

  1. Le revenu de base doit permettre à l’ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique.
  2. La loi règle notamment le financement et le montant du revenu de base

Des pays comme l’Irlande ou le Brésil ont partiellement récupéré certains aspects du RBI; je me demande d’ailleurs lesquels ?

Le concept étant facilement compréhensible, j’ai décidé de m’y projeter.

Demain je cesse de travailler, ma femme aussi ! J’en aurai terminé avec les semaines de 50 – 60 heures, mes soucis seront au panier. Devenu propriétaire de mon domicile et bénéficiant d’une épargne durement acquise, je me satisferai du salaire universel de mon ménage, soit CHF 7'500.—avec ma femme et mon fils. Il n’y aura que mon chat à ne pas bénéficier d’une rente, mais le temps disponible me permettra de militer, j’aurai l’appui des défenseu rs des animaux et des végétaliens.

La population, dans son ensemble, fera comme moi ; la productivité va chuter, les caisses de l’État seront rapidement asséchées. Les initiateurs du salaire universel devront démissionner puis quitter le pays ; c’était l’État qui leur permettait d’imaginer de telles idées alors qu’ils bénéficiaient d’une chaire universitaire.

Ah, j’oubliais ! Leur plan a besoin de CHF 200 milliards dont 60 proviendraient d’assurances dont nous n’aurions plus besoin, 110 des entreprises (pour autant qu’il en reste) et un petit effort de 30 milliards. Merci donc à celles et ceux qui vont continuer à travailler !

 

2013, journal Le Confédéré, Gillioz