Donnez-moi une chaise longue !

 

Si vous appréciez la géopolitique, allongez-vous sur une chaise longue et profitez avec moi de cette lumière d’automne pour observer le monde et notre coin de paradis. Vous y verrez des guerres, des catastrophes, mais aussi toutes les intrigues qui s’y déroulent. Nous avons tout d’abord la guerre en Syrie et ses gaz de combat avec, dans l’ombre, quelques fournisseurs de composants. Je veux bien évidemment parler de nos grands moralisateurs que sont les États-Unis, la France, l’Angleterre et l’Allemagne. Vient ensuite le dernier rebondissement de la catastrophe en Haïti avec son cortège d’ONG dont 50 des 100 principales ont au moins un administrateur appartenant à l’industrie de l’armement ou du tabac. Pour terminer, nous avons cette nouvelle défection d’un américain appartenant à l’industrie de l’intrigue et de l’espionnage. Il s’agit d’une sorte de soldat en col blanc qui, comme s’il voulait nous sortir de notre angélisme, se met à nous révéler ce qu’il sait. En changeant de focale, vous y verrez un pape qui dénonce les « évêques d’aéroport », une Pussy Riot qui dénonce « l’esclavage » de son camp de prisonniers et Microsoft qui dénonce le monopole de Google. Un peu plus près, vous pourrez observer qu’au sein de ce surprenant laboratoire socialiste qu’est la France, vous aurez 10% des meilleurs contribuables qui participent à raison de 81 % de l’impôt sur le revenu. Quant à notre coin de paradis, il est aisé d’observer que nous en prenons le même chemin sauf que nous ne sommes pas encore dans la même pétaudière fiscale. Ces cinq dernières années, alors que la plupart des pays industrialisés redoublaient d’efforts pour maintenir leur tête hors de l’eau, nous autres helvètes, en étions à nous focaliser sur notre image. Combien de fois n’avons-nous pas entendu nos populistes de tout bord vouloir fustiger les winners, les banques, les patrons, les propriétaires, les épargnants et les valaisans. Désormais, alors que nos voisins se ressaisissent, la Suisse commence à mesurer les dégâts des politiques appliquées. L’un des piliers de notre État qu’est le système judiciaire se voit complètement remis en cause. L’on peut reprocher aux socialistes De Dardel et Brunner d’avoir lancé le projet des jours amende, mais ils ont tout de même été validés par notre parlement dans son entier. À l’heure où tout le monde découvre et s’insurge de l’attention donnée aux condamnés jugés plus malades que coupables, n’est-il pas surprenant d’entendre encore des voix qui considèrent qu’il faut poursuivre toutes les tentatives d’insertion comme si ces meurtres n’étaient que des dégâts collatéraux. Alors que l’indice international des droits de propriété met en exergue l’importance de celle-ci dans la prospérité d’un pays ; son édition 2013 nous fait régresser du 3e au 5e rang dans l’échelle de la sécurité juridique de celle-ci. En cause, la politique à courte vue menée ces dernières années par la Confédération. Ce constat peut paraitre surprenant d’autant qu’il n’intègre pas encore les coups de canifs portés par notre législateur aux détenteurs de patrimoine, courant 2013. Imaginez donc ce qu’il adviendra de notre rang avec la volonté d’imposer les successions !

rapace vectorisé
rapace vectorisé

 

L’usage de cette chaise longue commence à influencer ma vision. J’y vois un américain poursuivi par Evelyne Wydmer Schlumpf ; il s’enfuit avec la clé de la maison « Suisse ». Un peu plus loin, derrière la haie, j’aperçois François Hollande, il jumelle le gâteau sis sur le bord de la fenêtre.

Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées !

Telle devait être la devise des Valaisans lors de la dernière votation sur l’ouverture des shops sis sur les grands axes routiers, car comment comprendre que l’avons refusée alors que nous sommes un canton touristique. Ne reprochons dès lors pas aux Confédérés de ne pas nous avoir soutenus lors de la votation sur la Lex Weber et la LAT !

Eh oui ! La géopolitique locale a aussi son intérêt !

J’en veux pour exemple le chantage pratiqué par Doris Leuthard. Elle déclare ouvertement que si nous ne soutenons pas la vignette à CHF 100.--, la route du St-Bernard n’intègrera pas le réseau des routes nationales. Ce qu’elle ne dit pas, c’est que les frais d’entretien demeureront à notre charge, tout comme nous perdrons 6 millions liés au subventionnement de notre réseau routier cantonal, en raison d’une diminution du kilométrage global. Si l’on ajoute à cela les CHF 60.— payés par les 240'000 automobilistes valaisans (14,5 millions) ; il est une évidence que la balance n’est pas en notre faveur.

Poursuivons par une correction du Rhône qui passe d’une version de 900 millions à désormais 2 milliards avec un soutien fédéral réduit de 60% à 40% et c’est l’inquiétude qui vous gagne. Vous en êtes à réfléchir sur les bonnes intentions des uns et des autres…

Dieu merci, moi j’ai mon lot de consolation. La vache FDP d’Alain Balet a réalisé un excellent résultat sur le terrain du CVPO lors des combats de Rarogne.

 

2013, journal Le Confédéré, Gillioz