Y a-t-il encore des cadavres dans les placards ?

 

À l’évidence, le formol a dû manquer, certains ont utilisé du vin, du coupé et même de l’étranger. 2013 vient à peine de tirer sa révérence que tout s’accélère. L’an passé déjà, lors des premiers soubresauts d’une cocotte, dont le contenu semblait à l’étroit, l’on percevait déjà les premiers craquements d’un système qui n’arrive plus à faire taire ses laissés pour compte.

Certes, la donne a changé, le bastion nourrit son propre ennemi depuis bien longtemps. Le secret des urnes agissant désormais comme un révélateur photographique, leur adversaire a pris pied dans la forteresse. Beaucoup s’imaginèrent qu’il lui serait désormais facile d’y mettre bon ordre, mais rien n’y fit. Ses désormais collègues s’accordèrent pour l’isoler dans son département et le laisser affronter seul son budget. Il fit au plus simple, il fit au plus court et ce fut une première déconvenue ; le parlement le renvoya à ses cahiers. Il fit une deuxième correction, mais cette fois ce fut au tour des professeurs de se fâcher. Le budget a été accepté en décembre, la problématique ne relève plus du Grand Conseil et O. Freysinger peut agir à sa convenance à l’intérieur de son département.

À titre personnel, j’ai encore en mémoire les noms de quelques pédagogues trop heureux de remplacer le comptable par un homme de leur milieu. Ceux-ci argumentaient qu’il serait bien plus à même de les comprendre. Eh oui, le comptable est parti comme il est venu, sans bruit. C’est désormais une évidence, son image grandit, il récolte ce qu’il a semé.03-article-2014a-cocote

Mais revenons à nos placards ; non pas celui qui abrite J.-F. Lovey mais bien de ceux qui embarrassent notre gouvernement et ses petits copains. Les faits sont parfois si têtus qu’il leur faut coûte que coûte détourner l’attention. N’avons-nous pas entendu O. Freysinger se déclarer en mode survie ? Il se sentait sous pression des hommes en bleu. N’avons-nous pas vu les élus PDC tenter d’en faire de même ? J’y vois là bien des gesticulations inutiles. Ils se déchirent pour le bout de gras qui leur reste puis accusent les autres de tous les maux, ils ne voient par contre pas le tic-tac de la cocotte-minute sise à côté d’eux.

En cette fin d’hiver, j’en viens à regretter la disparition du journal de carnaval « La Terreur » ; il en aurait des choses à dire. Il ne s’écoule désormais pas une semaine sans son lot de révélations.

Que dire de l’office de l’environnement ? Un service qui, pendant des décennies, ennuya bien plus de citoyens qu’il n’en fut capable de traiter les véritables priorités. L’obligation de diagnostiquer la présence d’amiante lors de la rénovation des bâtiments construits avant 1991 a été introduite courant 2012 à la demande du parlement. Pour le mercure, ils connaissaient la problématique, mais n’en connaissaient pas son ampleur or peu de choses ont été entreprises pour s’en assurer. Je crois qu’ils se savaient assis sur le couvercle de la cocotte, mais personne ne voulait être le premier à se lever. Par le passé, j’avais déjà disserté du risque zéro ; celui où personne ne traite l’espace sis entre deux attributions, mais peut-être devrai-je aussi traiter du risque des zéros. Dans cette affaire, notre administration s’est visiblement satisfaite de données remises par la Lonza. Il aura fallu attendre les révélations d’un groupe de citoyens perspicaces pour démontrer que les chiffres présentés relevaient de la plaisanterie.

Désormais, les verts soutiennent l’idée que notre office de la protection de l’environnement a besoin de plus de personnel pour parvenir à faire son travail correctement. Moi j’en dis que si les objectifs ne sont pas les bons et que la compétence fait défaut, l’on ne va pas très loin. Citoyens, suivez donc les débats du grand Conseil ! Vous en trouverez bien quelques-uns pour affirmer qu’il s’agit d’un manque d’argent. Moi, j’affirme qu’il s’agit d’une histoire d’argent et ce n’est pas la même chose.

Assurément plus choquante puisque plus proche du citoyen, la mise en lumière de l’affaire J.-M. Cleusix (JMCX) n’en est pas moins complexe. L’on a beaucoup parlé de l’impôt remboursé or là n’est pas le véritable problème, car peut-on reprocher au citoyen d’user des possibilités que lui offre le législateur en matière d’imposition. Non, mon exaspération va dans deux autres directions puisque le statut du couple ne m’est pas encore très clair.

Ma première exaspération va à l’encontre de son opposition à la facture d’écolage de la capitale, car c’est bien lui qui a sollicité la prestation or même si notre Code des Obligations remonte à Napoléon, il n’en est pas moins explicite. À titre comparatif, courant 2007, j’avais inscrit mon fils au cycle de Rarogne. Je fus frappé d’une facture d’écolage que je réglais sans chinoiser. Cela ne m’empêcha pas d’en solliciter la quote-part que ma commune de domicile versait au Cycle de Conthey. En bon connaisseur des usages, JMCX se devait donc de faire la même chose, mais peut-être était-il en froid avec sa commune ? Ma deuxième exaspération va bien évidemment à l’encontre des responsables de la prescription du dossier de recours. J’attends de la commission de Gestion qu’elle puisse aller au bout de ses investigations. Son enquête devrait nous permettre de corriger les processus erronés, elle se devra de mettre en lumière les agissements des protagonistes.

Je conclus finalement cette analyse par une injonction à l’adresse de Mr Cleusix qui, même s’il n’a pas triché, se doit de considérer l’aspect éthique de cette affaire et en tirer les conclusions qui s’imposent.

La saga du RSV me laisse désormais de marbre. J’ai dans l’idée que nous avions un chirurgien de génie, mais à l’attitude adolescente. L’avoir perdu ou licencié sans avoir su l’encadrer relève de l’erreur gestion manifeste. Certes, il est vrai que la plupart des génies du bistouri bénéficient d’un ego surdimensionné, mais la compétence de leurs dirigeants aurait dû permettre d’anticiper les problèmes.

L’affaire Giroud figurera probablement au panthéon de celles qui vont provoquer d’importantes remises en question. La branche viticole n’en ressortira pas indemne, mais probablement assainie et valorisée. En mai 2013, je publiais un article intitulé « le coupage d’un vin, une notion dépassée ». J’y mettais en miroir la notion de coupage à celle d’assemblage. Un postulat sollicitant l’étude d’une suppression de la notion de coupage pour les appellations de cépage y fut même déposé. Il a été retiré depuis, mais ma mise en garde d’une possible réorientation contrainte et initiée par le consommateur allait se révéler exacte ; nous avons perdu le contrôle de la situation et c’est bien dommage.

 

2014, journal Le Confédéré, Gillioz