Les promesses rendent les fous joyeux, mais elles n’engagent que ceux qui y croient.

 

En 2012, à l’occasion des 20 ans du sommet de Rio, j’avais écrit un article intitulé « Rio 1992 – Et Après ? ». Si dans cet écrit j’avais fait référence aux bonnes intentions du sommet de Rio pour procéder de quelques comparaisons, j’avais surtout fait remarquer que même le pays organisateur n’entamait guère de véritable effort.

Il faut savoir qu’en 1992, le Brésil était le champion de la déforestation, or lorsque l’on sait que près de la moitié des forêts tropicales se situent en Amazonie et qu’avec ses 400 000 millions d’ha, le Brésil dispose de la plus grande partie de celles-ci, l’on peut imaginer l’impact que peut avoir sa politique forestière sur notre planète.07-article-2015

Entre 1978 et 1988, le Brésil a détruit chaque année près de 20 000 km2 de forêts, soit l’équivalent de la surface de la Slovénie chaque année. Après le sommet de Rio, ce chiffre est tombé à 15 000 km2 jusqu’en 1994, puis est remonté en flèche pour atteindre les 29 000 km2 vers 2004.

Si l’on fait une petite comparaison, la Suisse en est à se pencher sur le contrôle de l’extension des forêts, or de 1985 à 2006, la forêt suisse a augmenté de 8% soit 98'000 ha. Certes, depuis une décennie, le Brésil maintenu son cap de réduction de la déforestation pour atteindre une moyenne de 4 à 5'000 km2 par année. Il faut dire qu’il n’y est pas arrivé tout seul ; la Norvège l’a soutenu à raison d’une aide financière d’un milliard de dollars étalée sur dix ans ; le dernier versement étant intervenu cette année.

L’an passé lors de la conférence de l’ONU sur le climat, le Brésil s’honorait de ses chiffres. Cette année, à la COP21, Dilma Roussef fait état d’une nouvelle cible encore plus ambitieuse. Ne soyons pas naïfs, c’est un peu comme si la 7e économie mondiale voulait démontrer qu’elle était entrée dans la très haute sphère des pays modèles. Cela, c’était sans compter sur la nouvelle de la semaine dernière à savoir que la déforestation a repris l’ascenseur avec 16% d’augmentation sur la dernière année.

En bonne politicienne, Mme Roussef a promis la fin de la déforestation illégale, or cet engagement en fait sourire plus d’un, car comment s’appuyer sur un Code Forestier modifié et assoupli en 2012 par la ministre Katia Abreu, celle que l’on surnomme désormais « la tronçonneuse » ou « Miss Déforestation » ?

Félicitons tout de même la police brésilienne pour avoir mis la main sur Ezequiel Antonio Castanha, le patron d’un cartel comptabilisant un défrichage de 28'800 ha, dont une partie en zone protégée.

Soyons clair, Mme Roussef n’a pas promis de mettre un terme à la déforestation, elle s’est engagée sur la suppression de la déforestation illégale, or avec une loi permissive elle en prend le chemin.

 

2015, journal Le Confédéré, Gillioz