La Suisse, un peuple milicien ?

 

02-article-2011-300Vous dire qu’au moyen âge, les premiers confédérés furent considérés comme des fauteurs de trouble, qu’ils avaient une réputation de révolutionnaires ne vous surprendrait guère. Vous dire que Machiavel les a observés pour s’en inspirer peut vous paraître plus surprenant.
Niccolo Macchiavelli

Dans les faits, rien d’étonnant, car la performance militaire des Suisses en étonna plus d’un d’autant qu’il s’agissait d’une des seules expériences sociétales non seulement réussies, mais constituées d’un peuple milicien, pauvre et en arme.

500 ans plus tard, que reste-t-il de ce peuple milicien ?

Certes, certains d’entre-nous ont peut-être encore à l’esprit l’idée que notre Suisse moderne quoi qu’inintelligible n’ai pu se construire, survivre et se développer qu’en s’appuyant sur des notions essentielles que sont le fédéralisme, la subsidiarité, le consensus et j’en passe. Mais, que dire de cette construction, si nous n’avions pas eu ce que Machiavel nommait : le peuple milicien.

Cette notion de système de milice pratiquée aussi bien dans l’armée que dans toute activité sociétale comme les pompiers, la protection civile, etc., désigne un principe d’organisation pratiqué également dans la vie publique. Elle repose sur une idée républicaine selon laquelle le citoyen qui en a les capacités doit assumer des charges et des tâches publiques à titre extraprofessionnel et bénévole. Machiavel y voyait d’ailleurs dans la Suisse la résurgence du principe athénien et romain de l’identité du citoyen et du soldat.

Notre système de milice et notre démocratie directe seraient donc les derniers remparts contre l’extinction d’un état dont rien d’autre ne justifie sa cohésion ? L’on est en droit d’y penser d’autant que les assaillants n’en manquent pas.

En finalité, la Suisse milicienne a commis bien peu d’erreurs en regard de ces grands états. La raison en est probablement notre concept milicien quelque peu décrié, mais au bilan finalement positif.

2011, journal Le Confédéré