Salaire minimum, travail au noir et PIB

L’initiative pour un salaire minimum fait ressurgir de vieux arguments dont nos amis socialistes en ont le secret. L’un de leurs porte-parole, le chargé de cours Samuel Bendahan, y va même plus loin puisqu’il soutient la thèse d’un revenu universel fixe et à vie pour tout habitant du pays. 14-article-2011c

L’argumentation développée peut, a priori, paraître défendable puisqu’elle prétend vouloir réduire la pauvreté et garantir un salaire décent. Cette thèse ne tient plus la route lorsque l’on consulte les multiples rapports édités par les pays qui en font usage.

L’Allemagne et la Suisse utilisent le principe des conventions collectives. Ce système à l’avantage d’un résultat global plus satisfaisant qu’en France où, pas moins de 15% de ses travailleurs se voient alignés sur le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance). Notre culture du travail est également très différente, car si la nôtre est majoritairement orientée dans une confiance tacite entre employeur et employé, le travailleur français voue une défiance maladive à l’égard de son employeur.

Bénéficier d’un SMIC et le contourner allègrement comme le fait l’Espagne n’est également pas une solution. Une récente étude scientifique canadienne nous démontre que les politiques en matière de salaire minimum mises en œuvre ne permettent pas d’améliorer la situation des travailleurs à faible revenu et de réduire la pauvreté.

Imposer un salaire minimum reviendrait à augmenter le chômage structurel et fermerait l’accès à l’emploi à tous les travailleurs dont la valeur de la production est inférieure à celle du salaire minimum. La plupart des pays bénéficiant d’un salaire minimum ont un chômage structurel conséquent.

Le salaire minimum est un facteur important de rigidité du marché du travail, il exclut les plus faibles, les confinant ainsi dans le chômage ou dans des formes d’emplois parallèles. L’économie grise échappe à tout contrôle dont la taxation. La Suisse en a moins de 9% dans son PIB alors que la France en a le double. L’Italie et la Grèce en ont plus de 28%.

 

 

2011, journal Le Confédéré, Gillioz