Les fausses bonnes idées des députés

21-article-2011Indépendamment des appartenances politiques, notre Grand Conseil regroupe les personnalités les plus diverses. De l’agriculteur à l’avocat, nombre de professions sont représentées. De cette communauté en sort de bonnes et de mauvaises idées, tout dépend de quel coté du vote l’on se place. Il est tout de même rare que cela soit mal vu des deux côtés.

La fausse bonne idée d’un député PDC

Dans le genre mauvaise idée, nous avions eu la motion du député Roh ne proposant pas moins qu’une réduction du temps de parole de 5 à 2 minutes 30. Cette demande déposée au nom du PDC du centre intervint 2 ans après que notre Grand Conseil validait une première réduction de 10 à 5 minutes. Des arguments cités par les 4 contradicteurs chargés d’intervenir, je relèverai la présence de l’Alliance de gauche, des noirs du haut, du PLR mais plus surprenants du PDC du Centre. Si certains martelèrent que le droit à l’expression est une des bases de notre démocratie, notre député Alexis Turin nous fit apprécier toute la finesse de son analyse lorsqu’il dit ceci : « Réglementer le temps de parole d’un parlement ne relève pas de l’acte anodin, c’est s’intéresser à sa respiration, c’est toucher à l’essence même de la démocratie, à la liberté d’expression, vertu cardinale de tout état de droit qui se respecte. La motion de notre PDC du centre ne vise ni plus ni moins qu’à rendre notre parlement asthmatique et un parlement qui tousse c’est la démocratie qui s’enrhume. ».

En fait, le clou du spectacle vint du député Rossier, membre du groupe PDC du centre ; le même que celui de l’initiant. Comment est-ce possible me diriez-vous ? La réponse doit tenir dans une petite phrase sise au milieu de la longue tirade qu’il adressa à l’assemblée. Attaque en règle qui débuta ainsi : « Cette motion n’est rien moins qu’une invite à un parlement muet, d’ailleurs pourquoi pas un parlement sans paroles ? ».Dans son intervention il y fit releva que si l’objectif de l’initiant était de gagner du temps, la pratique aurait voulu que celui-ci traite directement avec le service ou l’office, mais qu’en l’état, il a oublié de se faire connaitre auprès de ses instances cantonales.

En finalité, le porte-parole du suppléant absent se dit navré de nous avoir fait perdre 20 minutes, relevant par là que le parlement n’était pas mur pour un tel changement, la motion fut retirée.

 

2011, journal Le Confédéré, Gillioz