Des droits et des devoirs

Il est un constat des plus évidents, notre pays vit des bouleversements qui souvent nous dépassent. Si Machiavel était encore de ce monde, il serait probablement toujours aussi fasciné par notre mode de fonctionnement sociétal ; il ajouterait tout de même à ses écrits, un chapitre traitant de la pérennité du concept.

Du citoyen actif, milicien à ses heures et conscient de ses devoirs nous avons basculé dans l’individualisme du vagabond de passage qui réclame son dû sans avoir payé la facture.

Un bref regard sur les pays qui nous entourent nous amène à convenir de certaines similitudes. Nous connaissions l’Angleterre pour son ouverture sur le monde et son multiculturalisme affiché or personne n’a été choqué cet été lorsque leur premier ministre déclarait je cite : « Avons-nous la détermination nécessaire pour nous attaquer à l’effondrement moral de la société ? » Selon monsieur Cameron, le système sociétal anglais aurait encouragé la paresse et découragé le travail.

Les bien-pensants22-article-2011

De nos jours, lorsqu’une personne commet un délit, nos médias et certains bien-pensants se focalisent prioritairement sur la recherche d’une justification plutôt que d’en rappeler l’auteur à ses responsabilités. Les fraudeurs et les criminels se sentent validés dans leurs démarches usant et abusant de leurs droits de recours renforçant ainsi l’idée d’une certaine impunité. La dernière modification du Code pénal n’a pas arrangé les choses, l’on pourrait croire que si nos pères avaient pratiqué ainsi, nous aurions pu donner des jours-amendes au moustachu du 3e Reich et à son pendant bolchévique.

Vouloir rétablir le sens du devoir, de la responsabilité et du respect ne se décrète pas. Il va falloir de la volonté, du temps et de la patience. Faudra-t-il que notre État sombre dans la partition pour que nous reconnaissions qu’il eût fallu le respecter ? Non ! -Alors commençons par en respecter ses composantes que sont la police, l’école et la justice. Soutenons également les élus qui pratiquent le respect, l’attachement et le dévouement pour leur collectivité et non pour eux-mêmes.

Des lunettes pour tous

À Zürich, nos policiers affrontent les crachats des provocateurs ; la solution trouvée se limite à une paire de lunettes. Motivant, non ? Ailleurs l’on interdit le verre dans les fêtes ; bientôt l’on me demandera de laisser à la maison mon ceinturon et mes lacets de chaussures. Mais où va-t-on ? Le film Madmax n’était peut-être pas si utopique que cela ?

Une enseignante anglaise écrivait dernièrement sur son blog : Fermer sa porte dissuade certes les marginaux d’entrer, mais la principale raison qui fait que vous n’êtes pas constamment agressés sur la voie publique, que les boutiques ne sont pas pillées et incendiées en permanence, que nous ne prenons pas ce qui ne nous appartient pas, c’est parce que, quelqu’un, quand nous étions enfant, nous a appris la différence entre le bien et le mal.

Vous l’aurez compris, nous autres avons du travail en perspective.

 

2011, journal Le Confédéré, Gillioz