L’homme politique et le pique-assiette aux jeux du cirque

06-article-2012

L’homme politique suisse est un être issu d’une culture sociétale très ancienne. Il a le sens du devoir, il est conscient de ses responsabilités. Le mot servir ne lui est pas étranger. L’homme politique se répartit en deux catégories ; l’un est actif dans un exécutif et l’autre dans un législatif. L’on a tendance à dire qu’un homme d’exécutif tient un ménage alors qu’en réalité, il serait plutôt le gestionnaire d’une entreprise dont il ne peut envisager la faillite.

L’homme de législatif c’est autre chose, c’est un personnage largement occupé à défendre des idées. Il contribue à la conception des lois qui régissent notre avenir. L’homme de législatif est souvent visible, il a besoin du soutien populaire pour faire passer ses idées.

Au sein du monde législatif, nous avons régulièrement des personnages très exotiques. Ils ont pour particularité de toujours se faire remarquer. Ils prétendent servir nos intérêts, mais en réalité ce sont les leurs qu’ils défendent. Ce genre de député ne se sent absolument pas responsable des dégâts qu’il crée ; il ne sera d’ailleurs plus là lorsque les effets s’en feront sentir.

À Genève, le député Stauffer est passé du PLR à l’UDC puis a créé le MCG ; il faut dire que personne n’avait voulu reconnaitre ses compétences. Le thème des étrangers étant déjà monopolisé par l’UDC, il a choisi les frontaliers, c’est plus local. Avec le temps, le personnage n’a rien perdu de sa visibilité, mais quelqu’un peut-il lier son image à autre chose qu’à des faits divers. Peut-on l’associer à un quelconque projet réussi, j’en doute ? Quoi qu’il en soit son avant-dernier couac m’a choqué : Monsieur s’est plaint de n’avoir pas reçu de billet d’entrée pour les feux des fêtes de Genève. Un coup de coude ici, un coup de coude là et c’est fait ; monsieur et sa famille auront eu les feux à l’œil.

En voilà un véritable pique-assiette aux jeux du cirque ! 

 

2012, journal Le Confédéré, Gillioz