La cuisson des marrons

 

Le monde politique est à l’image des nos écoliers. En juin il met toute son énergie dans un dernier effort ; un peu comme s’il avait à passer un examen. En juillet, il est en course d’école, et à mi-août il prépare sa rentrée. Notre monde politique serait assujetti, comme les hannetons, à un phénomène de cycle. Aux yeux du citoyen, il passe de la discrétion à la visibilité harcelante puis se fait à nouveau plus discret.07-article-2012

Cette vision n’est pas la réalité. Certes, le monde politique se voit aussi composé d’entités actives cycliquement. Les comités de campagne en sont un bel exemple. Entre deux élections, l’on douterait même de leur existence or sans eux rien ne se ferait. Telles des fourmis, elles s’activent dans l’ombre, un peu comme si la lumière ne leur conviendrait pas. À l’inverse, nous avons les élus ; ils se répartissent entre ceux qui sont en lumière, ceux qui la recherchent et ceux qui apprécient le bon équilibre.

Cet automne, à la saison des marrons, nous allons en prendre quelques-uns. Pour certains, nous allons les flamber pour qu’ils prennent un peu d’éclat, pour d’autres nous allons les écarter. Ils vont avoir un peu de lumière, crue pour les uns, bienfaitrice pour les autres. C’est notre petite cuisine locale, mais n’oublions pas, à l’heure de la cuisson, que la majorité d’entre eux donnent plus qu’ils n’en reçoivent.

 

 

2012, journal Le Confédéré, Gillioz