Esther Waeber-Kalbermatten, une conseillère d’État à la traine

 

Nous avons tous en mémoire les folles aventures du Dr Cannabis. De son congé carcéral à sa grève de la faim, Bernard Rappaz n’aura pas manqué d’user de l’indulgence de notre conseillère d’État.

Certes, il s’est assagi, il a récupéré son poids, mais tel un balancier d’horloge, il revient régulièrement vers elle avec de nouvelles prétentions. Lorsque ce n’est pas la cuisine qui déplait, c’est le service religieux. Tel un enfant qui n’a toujours pas compris, il s’en retourne vers notre Conseillère d’État pour lui réclamer quelque chose.08-article-2012

Si dans cet épisode l’on a pu soupçonner un certain manque de lucidité voir un certain excès de compassion dans l’attitude de notre ministre, il est difficile de la lui reprocher tant la situation s’avérait particulière.

Dans la problématique de la gestion des prisons, nous avons encore tous à l’esprit cette impression d’un service incontrôlable. Un chef contesté, des cadres désemparés et des collaborateurs qui quittent l’embarcation. Des audits interminables furent menés. D'ailleurs certains d'entre nous ne manquèrent pas de surnommer notre Conseillère d'État: "Ester, la reine des audits".

Si l'audit se doit d'être un outil utilisé à toute fin d'obtenir une vision objective d'une situation, il ne doit pas être le moyen de reporter des décisions. Il ne doit pas non plus être le paravent qui cache un manque de réactivité. L’on ne pourra jamais reprocher une erreur de casting, mais une absence de réactivité ne fait qu’amplifier la portée d’une telle erreur.

Lors du débarquement des gitans dans la région de Collombey, notre ministre a probablement dû oublier que notre cher canton s’étalait jusqu’au Léman. D’ailleurs, lors de la dernière conférence des chefs des Départements de Justice et Police des cantons romands, c’est bien la ministre vaudoise, Madame De Quattro, qui a pris l’initiative de traiter le sujet des gitans.

En période électorale, il est bon de se rappeler que nos législatifs tout comme exécutifs sont généralement constitués de personnes actives voire proactives, mais également de personnes inactives.

 

2012, journal Le Confédéré, Gillioz